Le papa de Jésus, c’est Joseph ou Dieu ?

LA QUESTION D’AUGUSTE, 6 ANS. En Jésus, cet enfant semblable aux autres, qui naît d’une femme, grandit et meurt, les chrétiens reconnaissent le Fils de Dieu.


 

Alors que sa maman lui raconte la belle histoire de Noël, Auguste a un peu de mal à comprendre pourquoi Joseph hésite à se marier avec Marie. Certes, le mystère de la conception de Jésus est un peu délicat à aborder. Comment dire à un enfant que Jésus est à la fois, et totalement, petit enfant des hommes et Fils de Dieu ?

Le lien entre l’humain et le divin

C’est par l’ange qui rassure et conseille Joseph dans son sommeil, que se fait le lien entre l’humain et le divin, entre le ciel et la terre. Joseph n’est pas le père biologique de Jésus, mais c’est par Joseph que Jésus est rattaché à la lignée de David, celle dont les prophéties annonçaient qu’elle donnerait naissance au Messie (Matthieu 1, 16 et Luc 3, 23).

Dans l’Empire romain, l’important n’était pas d’être le père biologique mais de reconnaître l’enfant et de lui donner son nom. À plusieurs reprises l’Évangile présente Jésus comme le fils du charpentier (Matthieu 13, 55) ou le fils de Joseph (Luc 4, 22 et Jean 1, 45). Et, comme tout père digne de ce nom, Joseph protège l’enfant Jésus menacé par Hérode, en l’emmenant en Égypte.

Joseph, la fierté d’un père

Il ne fait aucun doute que Joseph a ressenti de la fierté quand Jésus a fait ses premiers pas ou dit ses premiers mots. Nul doute que c’est lui, comme tous les pères juifs, qui lui a appris la prière familiale à la maison et la prière communautaire à la synagogue, où plus tard il lira la Torah. Ce qui qualifie la paternité de Joseph, c’est l’adoption. Mais n’est-ce pas le cas de tous les pères qui, à la différence de la mère qui a porté l’enfant neuf mois durant, doivent faire connaissance avec leur nouveau-né ?

La question du petit Auguste n’est pas si saugrenue parce qu’il pressent que la double filiation de Jésus, humaine et divine, n’est pas sans conséquence. Jésus a eu une famille humaine où Joseph a joué un rôle important jusqu’à ce jour où, face aux docteurs de la loi, l’enfant, alors âgé de 12 ans, rappelle à ses parents son autre filiation, divine (Luc 2, 49).

Jésus, un enfant semblable aux autres

Mais pourquoi devrions-nous opposer ces deux filiations ? Nous ne sommes pas ici dans la biologie et la génétique, mais au niveau de l’origine profonde de notre être. C’est ce que disait Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI : « La filiation divine de Jésus ne repose pas, d’après la foi de l’Église, sur le fait que Jésus n’a pas eu de père humain ; la doctrine de la divinité de Jésus ne serait pas mise en cause si Jésus était issu d’un mariage normal. Car la filiation divine dont parle la foi n’est pas un fait biologique (…), elle se situe dans l’éternité de Dieu » (extrait de Foi chrétienne, hier et aujourd’hui, Mame, 1969).

En cet enfant semblable aux autres, qui naît d’une femme, grandit et meurt, les chrétiens reconnaissent le Fils de Dieu. Et parce qu’en naissant, le Fils de Dieu fait partie totalement de la famille des hommes, nous savons que nous sommes de la même famille que Dieu. Ce Père de Jésus est aussi « notre Père ». N’est-ce pas là un cadeau inouï ?






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