Étincelle septembre 2016

Étincelle septembre 2016


 

Quelques mots sur le pèlerinage de Briançon à Rome, à pied, par François Bonhomme.

L’idée de marcher depuis la France jusqu’à Rome me trottait dans la tête depuis environ un an. J’ai marché seul car la durée et la distance ne convenaient plus à Marie-Claude mon épouse avec laquelle il y a 10 ans, nous avions marché vers St Jacques de Compostelle.
Pourquoi Rome ? C’est un lieu qui avait du sens pour moi, c’est le siège de l’Église Catholique à laquelle je suis attaché. Plus tard, j’ai pris connaissance du jubilé de la Miséricorde que le Pape François a instauré et qui inclut la notion de pèlerinage. Cela tombait bien. Passer d’abord la Porte Sainte de ND de Fresneau représentait un bon départ. Je trouvais cela beau, équilibré par du concret et du spirituel. Grosso modo 1000 km à parcourir, avec au départ les appréhensions et les inconnues qui vont avec.
Marcher, c’est simple, ce n’est certes pas sans effort, mais c’est très simple, mettre un pied devant l’autre… Marcher, c’est plus que du rêve, c’est réaliser un désir avec son corps et son cœur. Marcher donne du temps aux yeux et à l’âme pour admirer la nature, la vivre de près, la sentir. Elle est belle cette Création qui nous est offerte. J’étais très fier de me retourner en fin de journée et apercevoir quelque part à l’horizon mon point de départ du matin !
Marcher m’a permis de prier autrement. Je dédiais les premiers km de la journée à une longue liste de noms et d’intentions (incluant les paroissiens de Ste Anne de Bonlieu) que j’avais soigneusement préparée, un peu comme des compagnons de route. J’ai appris à égrener le chapelet au fil des pas alors que j’ai toujours eu du mal à le réciter en temps normal.
Trois motivations principales sous-tendaient ma décision. D’abord, j’avais beaucoup de mercis à dire à Dieu pour les nombreuses et belles choses qui me sont arrivées dans ma vie : épouse, enfants, petits-enfants, métier, argent, santé, découverte du monde, rencontres par les voyages et le travail etc… Deo gracias.
Et puis, arrivé à Rome, j’avais quelques demandes personnelles à faire à St Pierre, à Dieu et à tous ces Anges et ces Saints invisibles et si proches qui peuplent notre quotidien.
Enfin, j’ai marché pour porter à Dieu une demande particulière importante à mes yeux, celle de voir l’Islam et la Chrétienté vivre aujourd’hui en harmonie et en bonne entente, et pour toujours.
Et puis, cela fait du bien de marcher par monts et par vaux, seul ou avec d’autres pèlerins. Les rencontres sont toujours inattendues et vraies. C’est bon de dévorer des plâtrées de spaghettis ensemble le soir à l’auberge. C’est une rupture d’avec le quotidien, et une redécouverte des choses simples de la vie à 3km/hr. Finalement toutes les raisons sont bonnes pour péleriner. Et puis, c’est oser les premiers pas, le reste suit naturellement. C’est une façon de « marquer le coup », une façon un peu spéciale de dire à Dieu l’attachement que je Lui porte, un moyen simple et différent pour cheminer avec Lui sur cette terre. Je pense très sincèrement que la distance parcourue n’est pas quelque chose d’essentiel. Les chemins qui mènent à Rome, à Lourdes ou à ND de Fresneau ont tous la même valeur. L’important est de se mettre en route, de chercher, d’offrir, de marquer sa vie spirituelle d’un temps fort, d’un signe concret. Pour moi, le pèlerinage en est un.
Bon chemin. FB.






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