Etincelle été 2009

Connaissez-vous le Père Jean Fontaine ?


 

C’est un religieux père blanc rencontré à Tunis lors d’un voyage d’études fin avril. Un grand week-end de 4 jours organisé par l’UNIVA (Université Vie Active) dépendant de la Catho à Lyon. Week-end placé sous le signe de rencontres avec des acteurs de la vie à Tunis. Nous formions un groupe de trente et une personnes, avec notre guide, Eric Mangin, à nous ouvrir au monde arabe, à une culture qui a aussi façonné notre civilisation. Beaucoup de rencontres et d’échanges, c’était le but de ce voyage durant lequel nous avons apprécié la gentillesse et l’obligeance des tunisiens et tunisiennes. Je retiens particulièrement cette rencontre avec le P. Jean Fontaine, qui dirige à Tunis l’Institut des Belles Lettres Arabes (IBLA) où nous avons passé la matinée du lundi 27 avril, juste avant de reprendre l’avion. Cela fait 52 ans que le P. Fontaine est là, sur cette terre de Tunisie. « Qu’y a-t-il à faire dans ce pays ? ». Tout au long de ces années, il a rencontré beaucoup de problèmes, dûs souvent à la jalousie (retrait de visa !) Le centre de sa vie c’est Dieu. Il n’a pas plié devant les menaces, les intimidations, patiemment il a continué à parler comme il l’a toujours fait, librement, sans provoquer ni agresser. Avec patience et obstination, il a vaincu un certain nombre de difficultés, par exemple celle de rattacher la bibliothèque de l’IBLA, qui rassemble quelques 400 abonnés, à un organisme officiel..... Personne n’en voulait, finalement il dépend du Ministère de l’Intérieur, A surveiller ! Il a produit de nombreux ouvrages, dont « Histoire de la littérature tunisienne », en trois tomes format poche. Depuis 8 ans, Il donne des exposés sur des questions délicates : « Peut-on porter un regard critique sur l’Islam ? » - « Place du milliard de musulmans par rapport au salut » Il veut s’appuyer sur une nouvelle conscience musulmane, une relecture du Coran avec une optique moins appuyée sur une tradition qui n’est pas d’origine. Il parle de sujets difficiles et qui fâchent, le sida rapporté de l’extérieur, les prisons où tout s’achète et se vend. La presse est jugulée par le pouvoir. Le P. Jean Fontaine a son ancrage vraiment dans ce pays, où il essaye de créer des espaces de liberté. il y est reconnu et craint aussi parce qu’il a une parole forte, appuyée sur sa foi. On est fasciné, ébloui, par son calme, sa sérénité, sa liberté intérieure qui transparaît à chaque instant dans ses paroles. Il est de ces personnes qui aident à croire que nos limites, celles que nous nous imposons souvent, ou qui nous sont imposées, peuvent reculer à condition de nourrir notre foi en Dieu, notre foi en l’homme. Pour moi, cette rencontre a grandement éclairé les rencontres et les échanges des journées précédentes. Un grand merci pour cette lumière !

Tahy Jamme






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