AVENT
 

Nous entrons maintenant dans le temps de l’Avent. Nous pensons à Noël, nous préparons Noël ; autour de nous, il règne déjà une ambiance de Noël. Pour nous chrétiens, ce sera bientôt la fête du souvenir d’un événement passé : la venue en ce monde de Jésus, né à Bethléem il y a près de 2000 ans. Le temps de l’Avent est comme attiré par cette fête et déjà, maintenant, nous vivons dans cette certitude remplie de joie que Jésus est l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, le Sauveur des hommes dont l’amour nous arrache, aujourd’hui comme hier, à la nuit de ce monde.
Il est venu ! C’est vrai, et nous nous en réjouissons encore et toujours. Mais pourtant il est encore à venir. Ce temps de l’Avent ne se contente pas de rappeler un passé, comme un anniversaire à préparer. Il nous tourne vers un avenir, notre avenir.
Méditons cela : en Jésus, Dieu s’est manifesté à un moment très court de notre histoire, en un lieu très restreint de notre monde. Son passage sur la terre aurait pu passer inaperçu, ou se perdre dans l’oubli s’il n’avait pas véritablement inauguré des temps nouveaux dont nous attendons qu’ils soient pleinement manifestés. La présence de Jésus parmi nous est comme un petit germe qui pousse, grandit, étend ses racines. Ce petit germe vient inlassablement soulever l’humanité. Le Christ est venu... et nous attendons encore le Christ. Nous attendons que se déploie dans toute sa plénitude, dans toutes ses dimensions, sa pleine manifestation dans la gloire. Notre credo le proclame : "II reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts." Chrétiens, nous restons tendus vers le retour de Jésus dans la gloire, et nous vivons dans l’espérance de ce terme de l’histoire qui ressaisira toutes choses dans l’amour. Quand arrivera cela -t-il ? Nul ne le sait. Jésus lui -même nous le dit : "Vous ne savez pas quand viendra le moment." Une certitude anime notre foi : Jésus revient dans la gloire. Et cependant nous sommes dans l’incapacité de dire quand cela arrivera. Peut-être aujourd’hui, peut-être demain... En avons-nous le désir ?
Il y a une chose que nous savons tous, c’est que Noël sera au rendez-vous le 25 décembre prochain. Inutile de chercher à le présenter comme un scoop ! Et on peut même dire que Noël est déjà là, dans les magasins depuis longtemps : tout est organisé, tout est planifié, on ne laisse aucune place à l’imprévu.
Profitons de ce temps de l’Avent pour nous donner du champ, sortir de l’habitude, de la routine, des programmes tout préparés. Prenons conscience de cette médiocrité qui nous empêche d’être vraiment libres. "Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de ton chemin", s’exclamait Isaïe "pourquoi rends-tu nos cœurs insensibles à ta crainte ? Reviens, pour l’amour de tes serviteurs !" Le temps de l’Avent est ce temps de conversion où nous reprenons place dans un peuple en marche. Si nous sommes trop installés dans un confort douillet, il nous faut repartir, prendre la route. Ne plus dormir. Veiller... Pour accueillir celui qui vient.
La veille avec le Seigneur nous rendra plus responsables, plus aimants, plus vrais. Vivons donc activement cette veille, comme une œuvre d’amour qui nous sort de nous-mêmes.
Jésus, dans l’évangile, se présente comme le maître qui a donné tout pouvoir à ses serviteurs. Il a fixé à chacun son travail. Il est Celui qui doit revenir et qu’on attend. Mais il ne nous demande pas d’attendre les bras croisés. Notre attente se confond avec notre fidélité. Elle ne devrait pas être vide, elle devrait être ardente, remplie d’amour et de joie. Elle le sera si nous acceptons que dès aujourd’hui, le Christ nous mette au travail. Alors, au jour de sa venue, nous nous découvrirons semblables à lui, il ne nous sera pas étranger, nous le reconnaîtrons et sa présence sera notre joie.

Frère Louis-Marie.






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